Votre enfant se renferme sur lui-même, ne veut plus se rendre à l’école ou vous remarquez des comportements inhabituels chez lui : il se peut qu’il subisse du harcèlement scolaire. Quels sont les premiers signes qui doivent vous alarmer, comment en parler avec lui et quelles ressources sont à votre disposition pour l’aider ? Nous en parlons pour vous.

Le harcèlement scolaire, qu’est-ce que c’est exactement ?

Le ministère de l’Éducation nationale, de la jeunesse et des sports le définit comme “une violence répétée qui peut être le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre.” Ses formes sont différentes : il peut s’agir de violences verbales (insultes, moqueries…), psychologiques (humiliation, propagation de rumeurs…) ou bien physiques (bousculades, coups…). Lorsque ces mêmes faits se déroulent sur les réseaux sociaux, par SMS ou par courriel, on parle de cyberharcèlement.

Un enfant harcelé se sent en permanence menacé. Les conséquences sur son bien-être et son avenir scolaire à court comme à long terme sont graves. Manque de motivation, refus d’aller à l’école, comportements inhabituels, isolement et décrochage scolaire sont parmi les premiers signes auxquels il faut être attentif pour le déceler. Il est important d’agir vite, notamment pour éviter le développement de phobies liées à l’école.

L’Éducation Nationale, premier acteur engagé contre le harcèlement scolaire

Face au harcèlement scolaire, le ministère de l’Éducation Nationale, de la jeunesse et des sports endosse plusieurs rôles :

Le ministère a pris des dispositions pour prévenir et agir

Depuis plusieurs années déjà, le ministère conduit une véritable politique publique de lutte et de prévention contre toutes les formes de harcèlement, organisée autour de quatre axes majeurs : informer, prévenir, former et prendre en charge. En 2019, le programme “Non Au Harcèlement” (NAH) vient renforcer l’engagement de l’institution en se généralisant dans toutes les académies. Cet engagement s’inscrit dans la loi « Pour une École de la confiance » qui fait de la lutte contre le harcèlement un principe de droit à l’éducation.

En 2020, la journée nationale de lutte contre le harcèlement, à l’initiative du gouvernement, s’est internationalisée et a donné lieu à la première Journée internationale contre la violence et le harcèlement à l’École le 5 novembre de cette même année. À cette occasion, une nouvelle campagne consacrée aux situations de harcèlement a été lancée et de nouveaux outils ont été mis à disposition des équipes pédagogiques et éducatives.

…mais aussi pour former

La formation étant l’un des quatre piliers du plan de lutte contre le harcèlement, le ministère prend son rôle éducatif auprès du personnel scolaire et des enfants eux-mêmes très au sérieux. Il est primordial que les adultes en charge des plus petits soient formés à la gestion des situations de harcèlement. Quant aux plus jeunes, ils doivent prendre conscience de leur rôle car chaque élève peut être lui-même acteur contre le harcèlement : c’est le message que souhaite faire passer le ministère.

Pour favoriser le partage d’informations et l’entraide, les collégiens volontaires peuvent, depuis 2018, devenir ambassadeurs contre le harcèlement. Ils sont alors formés au repérage des situations de harcèlement, sensibilisent leurs camarades, apportent un premier soutien et se mobilisent en participant à la création de supports et mise en place d’actions.

Mon enfant en subit : que faire et à qui faire appel ?

Si votre enfant est victime de harcèlement, sachez que vous n’êtes pas seul. De nombreuses ressources gratuites et des interlocuteurs sont à votre disposition pour vous accompagner, votre enfant et vous.

En parler avec lui

Comme souvent, le premier réflexe à avoir est d’en parler. Il faut alors se montrer un peu plus subtil et aborder le sujet en évoquant son propre ressenti en tant que parent. Il se peut qu’il n’ait pas conscience de la gravité de la situation ou même qu’il pense que le comportement des autres envers lui soit justifié. Rassurez-le, demandez-lui ce qu’il souhaite et expliquez-lui que les adultes sont là pour l’aider.

Prévenir la direction de son établissement

Prenez ensuite rendez-vous avec la direction de son établissement afin d’exposer la situation. Vous pouvez vous référer au Protocole de traitement des situations de harcèlement dans les écoles pour connaître les mesures prises pour protéger votre enfant.

Une fois prévenue, la direction suit ce même protocole pour mener l’enquête et apporter une réponse. Elle recueille le témoignage de votre enfant et s’entretient avec les témoins, les auteurs présumés et leurs parents. Si la situation est avérée, elle décide et met en place des mesures de protection ainsi que des sanctions. Finalement elle se doit de renforcer ses actions de sensibilisation au sein de l’établissement.

Demander l’aide d’un professionnel de santé

Inscrire sa démarche contre le harcèlement de son enfant dans un cadre médical a plusieurs objectifs : déterminer son état de santé physique et mental pour éviter toute situation dramatique et lui faire bénéficier d’une aide médico-scolaire appelée Projet d’Accueil Individualisé (PAI). Le PAI est un document qui définit, en concertation avec le chef d’établissement, le médecin et vous-même, les adaptations à apporter dans l’établissement pour réinstaurer un cadre de confiance.

Si le cas est grave, porter plainte

Selon la loi, une victime peut porter plainte jusqu’à 6 ans après les faits de harcèlement scolaire. Si elle est mineure, ce sont ses parents qui doivent déposer la plainte en commissariat. Dans le cas du cyber-harcèlement ou si l’auteur est inconnu, il est possible de porter plainte contre X.

À noter : Le harcèlement est un acte puni par la loi : les coupables de faits de harcèlement scolaire âgés de plus de 13 ans risquent une peine de prison allant d’un à trois ans (en fonction des circonstances) et une amende allant de 15 000 euros à 45 000 euros.

Contribuer à la sensibilisation dans son établissement scolaire

Agir pour votre enfant c’est aussi éviter à d’autres élèves de vivre une situation identique. En concertation avec la direction de l’établissement et avec les autres parents d’élèves, vous pouvez réfléchir à de nouvelles solutions pour faciliter la communication et les relations entre élèves.

Les interlocuteurs et ressources vers lesquels se tourner en cas de besoin :

●     La direction de l’établissement ou la Direction Académique des Services de l’Education Nationale

●     L’institut d’aide aux victimes et médiation pour trouver une association proche de chez vous

●     Les n° verts :

« Non au Harcèlement » pour se renseigner ou se faire aider : 3020

« Net écoute » en cas de cyber-harcèlement : 3018

●     Le site de “Non Au Harcèlement” sur lequel sont proposées diverses ressources gratuites